Arman
Sublime mise en boite !
Paris, Centre Pompidou
Du 22/09/10 au 10/01/11
L’exposition Arman est sublime. Sublime dans son accrochage, ses choix d’œuvres, les témoignages multiples de l’artiste. Mais elle est surtout sublime lorsque les salles sont presque vides. Car nous en avons fait l’expérience, malheureusement, lorsque la foule se presse, vous n’entendez plus les vidéos et les quelques œuvres de toute beauté mises en place au centre des salles deviennent invisible. Mais qu’importe ! Cette exposition ni trop grande, ni trop chargée, dévoile avec beaucoup de poésie l’œuvre de celui qui accumule, accumule jusqu’à plus soif ! Le parcours chronologique apparaît impeccable. De se premiers tableaux informel et empreintes de tampons de 1959 au « Footing Painting » de 2000, on retrouve Arman l’accumulateur d’objets, la partie la plus caractéristique de son travail. Et le voici qui compacte des déchets dans des plaques de verre, qu’il rassemble un monticule de dentiers, de chaussures, de vêtements qui parlent de « La vie à pleine dent », de son image de « Madison avenue » ou d’un « Portrait robot d’Iris » ! Ici, il s’amuse avec les objets et les titres à la Dada ! Iconoclaste et provocateur, il désublime la société. Le voilà lancé dans une réflexion intempestive sur les cycles de la production et de la consommation. Puis il accumule encore les objets, des masques de gaz, des poupées, des manomètres, des chaussures, des machines à écrire ! L’objet perd sa signification originelle. Elle devient œuvre. En même temps, dans les années 60, Arman se lance dans ses « Colères ». Il casse, éclate, écrase ou explose des objets, souvent des instruments de musique, jusqu’à un appartement bourgeois ! « Lorsque je brise un objet, je m’arrange pour que tous les objets retombent dans un espace donné, que j’ai délimité avec de grandes planches ; ou, quand je brûle quelque chose, j’arrête la combustion, comme un cuisinier arrête son rôti avant qu’il ne soit trop cuit, ce n’est donc pas une destruction complète, mais une destruction qui me permet de la conserver… je montre la catastrophe ». Mais parfois quelles belles catastrophes ! Comme la « Bibliothèque d’Alexandrie » et tout à côté, dans l’exposition, une inclusion de violon brisé dans de la résine : un petit cube magique où les bulles d’air ont des allures de perles rares. Plus loin, les célèbres combustions couvertes de résine qui guident vers l’allégorie pompéienne tandis que l’opacité du béton évoque les catastrophes écologiques contemporaines. Enfin, avant son « retour à la peinture », incluant des tubes de couleurs dans de la résine, il s’amuse pendant deux ans avec des pièces d’automobiles que lui fournit Renault. Il enrichit et élargit son vocabulaire pour créer une série d’une richesse extraordinaire. Une exposition qui évacue les clichés et montre l’extraordinaire richesse et réflexion d’Arman.
« Arman », Centre Pompidou, galerie 2, niveau 6. www.centrepompidou.com
Du 22/09/10 au 10/01/11
(Image : Le Fauteuil d’Ulysse, 1965, © ADAGP Paris 2010, phot. Jean-Claude Planchet)
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