Monumental Anish Kapoor au Grand Palais à Paris

•12 mai 2011 • Laisser un commentaire

Anish Kapoor

Paris, Monumenta, Grand Palais

Du 11/05/11 au 23/06/11

Pantalon noir et chemise blanche, le Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique né à Bombay en 1954 pose devant son œuvre. Une œuvre ? « C’est une fiction » ! dit le commissaire de l’exposition Jean de Loisy. 35 mètres de hauteur, 10 701 kg, 72 000m2 remplis de lumière, le travail de Kapoor apparaît comme un OVNI magnifique, surprenant, incomparable. Inimaginable ! Un « objet » au nom presque mythique de « Leviathan », d’une dimension jamais réalisée dans le monde. Bref, Anish Kapoor dévoile une sculpture gigantesque gonflable composée de trois sphères qui semblent tutoyer la voûte et se rejoignent pour mieux crée un univers qui fascine et brouille l’esprit et le corps du spectateur. Presque écrasé par un bonheur contemplatif inouï à l’extérier, le visiteur se noie dans la peau, dans la couleur rouge de l’intérieur des sphères. Ici, on a l’impression de pénétrer dans un corps, dans la chair qui domine, vous emprisonne, vous retient… jusqu’à suffocation !  Jamais Monumenta n’aura aussi bien porté son nom.

Voir le portfolio sur Monumenta en suivant le lien http://www.ouvretesyeux.fr/portfolio/art-contemporain.html

Anish Kapoor, Monumenta 2011, Grand Palais. Du 11/05/11 au 23/06/11. Voir www.monumenta.com.

Les dessins d’Andy Warhol

•26 novembre 2010 • 1 Commentaire

Andy Warhol

La danse selon Warhol

Les expositions sur Warhol se multiplient mais ne se ressemblent pas ! La galerie Ropac présente des inédits. Des oeuvres sur papier jamais montrées du vivant de l’artiste. Réalisés dans les années cinquante, le trait fluide, essentiel, ses dessins livrent aussi bien l’apparence physique que la personnalité des danseurs évoluant dans l’espace. Et l’on découvre une nouvelle facette de cet incroyable artiste qui fréquenta à son arrivée à New York les pionniers de la danse américaine comme Charles Weidman, John Butler, Paul Draper ….

« Andy Warhol, Warhol and Dance », Galerie Thaddaeus Ropac, 7, rue Debelleyme, 75003 Paris. Tél. :  01 42 72 99 00. www.ropac.net. Du 11 septembre au 16 octobre.

•26 novembre 2010 • Laisser un commentaire

Let’s Dance

Sur un air de Bowie

Vitry-sur-Seine, Mac/Val

Du 22/10.10 au 16/01/11

Le Mac/Val nous fait danser ! Son but ? Commémorer les événements marquants de la vie. Et c’est ainsi que sur ce titre de David Bowie, nous voici au milieu d’anniversaires, de feux d’artifices, d’arbres de Noël, de fêtes foraines, de musiques…Mais pas seulement. « Le point de départ de l’exposition a été de se demander ce qu’est un anniversaire. Un anniversaire, ça revient chaque année et c’est un moment de célébration collective. Partant de là, je me suis intéressé à des pièces qui marquent le temps… Un des enjeux de cette exposition, c’est d’essayer de voir ce qu’il y a derrière le miroir », explique le commissaire de l’exposition Frank lamy. Ainsi, Fiona Banner montre des guirlandes de fête. Pierre Ardouvin installe dans une salle une auto-tamponneuse. Anne Brégeaut dévoile des bougies d’anniversaire pour enfants se serrant l’une contre l’autre. Claude Closky montre la vidéo d’un feu d’artifice. Tandis que Claude Levêque écrit en néons de couleurs le mot « dansez » ! Bref une exposition gaie, heureuse, rêveuse avec bien sûr un brin de nostalgie.

« Let’s Dance », MAC/VAL, Place de la Libération, Vitry-sur-Seine, 01 43 91 64 30. www.macval.fr. Du 22/10/10 au 16/01/11. 

Les Loriot Méliat, génies de l’incident

•26 novembre 2010 • 1 Commentaire

Loriot & Mélia, Vu-pas-vu

Angers, musée des Beaux-Arts

Du 30/10/10 au 13/03/11

 

« Nous avons une production commune depuis 1992. Un soir, une nuit, le hasard a voulu que l’on repère –ensemble-  sur le mur, une très extraordinaire tache de lumière. Subjugués par le mystère de cette tache, nous sommes restés un long moment à la décrypter. L’énigme fut résolue lorsqu’on vit le chat s’étirer : il s’était endormi en cachant une partie du miroir posé sur le lit encombré d’objets divers. Le chat sauta, l’image disparut, le miracle était fini ! », expliquent les artistes. La règle du jeu semble désormais fixée : creuser l’écart entre l’état chaotique de départ et l’image de type photographique à l’arrivée. La lumière, sous toutes ses formes, est l’unique révélateur commun à toute iconographie virtuelle développée. C’est ainsi que travaille le couple. Sans cesse à la recherche des parcelles du hasard pour reconstruire une, des images, une installation, un théâtre d’objets. François Loriot et Chantal Mélia incitent à mettre en action des déclencheurs de visions au-delà des modes convenues et crées d’immenses petites machines poétiques. Entre dessin, photographie, sculpture et installation, leurs oeuvres ont pour révélateur commun la lumière. Qu’elle vienne d’une lampe, des images de télévision ou du soleil. Et les artistes entremêlent joyeusement les clins d’œil à l’histoire de l’art, à l’imagerie populaire ou enfantine, au cinéma ou au dessin animé. Nous avons découvert leurs installations galerie Rabouan Moussion il y a quelques années, c’était un véritable enchantement. Un coup de cœur permanent.

Musée des Beaux-Arts d’Angers, 14, rue du musée, Angers.02 41 05 34 62. www.musées.angers.fr. Du 30/10/10 au 13/03/11

Arman, accumuler jusqu’à la mort !

•26 novembre 2010 • 2 Commentaires

Arman

Sublime mise en boite !

Paris, Centre Pompidou

Du 22/09/10 au 10/01/11

 

L’exposition Arman est sublime. Sublime dans son accrochage, ses choix d’œuvres, les témoignages multiples de l’artiste. Mais elle est surtout sublime lorsque les salles sont presque vides. Car nous en avons fait l’expérience, malheureusement, lorsque la foule se presse, vous n’entendez plus les vidéos et les quelques œuvres de toute beauté mises en place au centre des salles deviennent invisible. Mais qu’importe ! Cette exposition ni trop grande, ni trop chargée, dévoile avec beaucoup de poésie l’œuvre de celui qui accumule, accumule jusqu’à plus soif ! Le parcours chronologique apparaît impeccable. De se premiers tableaux informel et empreintes de tampons de 1959 au « Footing Painting » de 2000, on retrouve Arman l’accumulateur d’objets, la partie la plus caractéristique de son travail. Et le voici qui compacte des déchets dans des plaques de verre, qu’il rassemble un monticule de dentiers, de chaussures,  de vêtements qui parlent de « La vie à pleine dent », de son image de « Madison avenue » ou d’un « Portrait robot d’Iris » ! Ici, il s’amuse avec les objets et les titres à la Dada ! Iconoclaste et provocateur, il désublime la société. Le voilà lancé dans une réflexion intempestive sur les cycles de la production et de la consommation. Puis il accumule encore les objets, des masques de gaz, des poupées, des manomètres, des chaussures, des machines à écrire ! L’objet perd sa signification originelle. Elle devient œuvre. En même temps, dans les années 60, Arman se lance dans ses « Colères ». Il casse, éclate, écrase ou explose des objets, souvent des instruments de musique, jusqu’à un appartement bourgeois ! « Lorsque je brise un objet, je m’arrange pour que tous les objets retombent dans un espace donné, que j’ai délimité avec de grandes planches ; ou, quand je brûle quelque chose, j’arrête la combustion, comme un cuisinier arrête son rôti avant qu’il ne soit trop cuit, ce n’est donc pas une destruction complète, mais une destruction qui me permet de la conserver… je montre la catastrophe ». Mais parfois quelles belles catastrophes !  Comme la « Bibliothèque d’Alexandrie » et tout à côté, dans l’exposition, une inclusion de violon brisé dans de la résine : un petit cube magique où les bulles d’air ont des allures de perles rares. Plus loin, les célèbres combustions couvertes de résine qui guident vers l’allégorie pompéienne tandis que l’opacité du béton évoque les catastrophes écologiques contemporaines. Enfin, avant son « retour à la peinture », incluant des tubes de couleurs dans de la résine, il s’amuse pendant deux ans avec des pièces d’automobiles que lui fournit Renault. Il enrichit et élargit son vocabulaire pour créer une série d’une richesse extraordinaire. Une exposition qui évacue les clichés et montre l’extraordinaire richesse et réflexion d’Arman.

« Arman », Centre Pompidou, galerie 2, niveau 6. www.centrepompidou.com

Du 22/09/10 au 10/01/11

(Image : Le Fauteuil d’Ulysse, 1965, © ADAGP Paris 2010, phot. Jean-Claude Planchet)

Pour voir plus d’expositions cliquez sur http://www.ouvretesyeux.fr/mag/photos.html

Harry Callahan à la fondation Henri-Cartier Bresson

•26 novembre 2010 • Laisser un commentaire

 Harry Callahan, l’homme inspiré

Paris, fondation Henri Cartier Bresson

Du 7/09/10 au 19/12/10

 

Avec une grâce inouïe et une maîtrise technique parfaite, Harry Callahan aura été l’un des photographes les plus brillants de sa génération. Qu’il aborde le portrait, les vues d’architecture, les compositions abstraites, la nature ou bien la ville, Callahan a su développer très vite un style personnel immédiatement reconnaissable tant son approche était novatrice. Une apparente froideur se dégage de ses images magnifiquement tirées où la figure humaine se limite souvent à une solitude revendiquée. Jamais d’images de foules ni d’extrapolation des sentiments, les photographies d’Harry Callahan respirent l’épure. Callahan se nourrissait du monde qui l’entourait, de sa famille proche, pour parler du monde.
Né à Détroit en 1912, il  arrêta ses études universitaires à l’âge de 24 ans pour se marier avec Eléonore, avec qui il aura une fille unique Barbara. Ces éléments biographiques sont importants pour comprendre l’œuvre de ce photographe autodidacte et passionné. Deux ans après son mariage, il s’inscrit en 1938 au Photo Club des usines Chrysler où il travaille désormais. Si l’aspect ludique de la photographie a pu le séduire, fasciné par la beauté des instruments, c’est lors d’une conférence d’Anselm Adams qu’il comprendra les concepts et les enjeux du médium. Sa rencontre avec Alfred Stieglitz en 1942 fut déterminante dans son choix de vie. La même année, il décide de quitter son emploi pour venir s’installer à New York. Là-bas il multiplie les rencontres avec les grands noms de la photographie de l’époque, Steichen mais aussi et surtout Lazlo Moholy-Nagy qui lui offrira un poste d’enseignant à l’Institut of Design de Chicago. L’exposition retrace le parcours étonnant de cet artiste modeste, doté d’un grand sens de l’humour. Magnifiquement réalisée, elle permet notamment de re-découvrir un très bel ensemble provenant de la collection de la Mep dont les images de la série Cape Cod du début des années soixante-dix. Reste aussi et surtout le plaisir de revoir les portraits et les nus de son épouse Eléonore. Qu’elle soit allongée entourée de draps à la manière des peintures d’Ingres, début face à un radiateur avec des dessins à la Miro, ou bien cadrée serrée, les bras croisés au-dessus du visage parfaitement blanc, Eléonore fut la muse idéale, de celle que l’on envie  pour ces moments de grâce.

Harry Callahan, « Variations »,  Fondation Henri-Cartier Bresson, 2 impasse Lebouis, 75014 Paris. Du 7/09/10 au 19/12/10.

Pour voir plus d’expositions cliquez sur le lien http://www.ouvretesyeux.fr/mag/photos.html

Sally Mann, au coeur de l’intime, du nu au paysage

•23 novembre 2010 • 3 Commentaires

 Sally Mann

Paris, galerie Karsten Greve

Du 16/10/10 au 31/12/10

 

Depuis 20 ans, l’artiste américaine Sally Mann photographie l’intime. Une intimité qui tourne autour de sa famille comme les paysages où elle vit depuis son enfance à Lexington où l’artiste habite et travaille. La photographe s’est fait connaître du grand public par ses œuvres « At Twelve », une série de portraits de jeunes adolescentes et « Immediate Family » où elle réinvente la photographie de famille en dévoilant ses enfants dans une sensualité troublante. Sally Mann réalise un travail  en noir et blanc qu’elle révèle dans son laboratoire personnel. Œuvre attachante, touchante, enivrante. Où un arbre, un ruisseau, un dos, un visage, un nu se retrouvent hors du temps. Car son travail emploie des techniques anciennes qui donnent un caractère plastique et superbement pictural à ses photographies. Ses images si calmes, si reposantes  mettent pourtant comme dans tout son travail en abîme la mort, la violence et la vie. Depuis les années 2000, elle se consacre à un projet intitulé « What Remains » qui traite de la disparition, de la décrépitude à travers d’anciens champs de bataille tandis qu’en 2004, elle se tourne à nouveau sur ses enfants pour les capter à l’age adulte dans une expression bien énigmatique. Depuis 2004, c’est sur le corps cette fois de son mari qu’elle se concentre. Donnant une gamme d’émotion qui va jusqu’à l’érotisme. Entre le mystère et le mystique. Encore d’autres champs  de batailles.  

« Sally Mann », galerie Karsten Greve, 5, rue de Belleyme, 75003 Paris. 01 42 77 19 37. www.galerie-karsten-greve.com Du 16/10/10 au 31/12/10.

Mohamed Camara, l’Afrique au quotidien, galerie Pierre Brullé

•23 novembre 2010 • Laisser un commentaire

Mohamed Camara. Souvenirs

Paris, galerie Pierre Brullé

Du 06/11/10 au 04/12/10

 

Il a commencé la photographie à 16 ans. Ses premières images ? Les « Chambres maliennes ». Celles de sa vie, de son entourage, de sa famille. Il avait si peur qu’on lui vole son appareil photo qu’il est resté cloîtré chez lui. Dans une case en terre. Fermée. Avec seulement des voiles animés par le vent. Intimité. Intrusion. Face à des corps endormis dans la pénombre. Depuis Mohamed Camara n’a plus peur. Et le tout jeune photographe malien se promène. Dans sa nouvelle série intitulée « Souvenirs », il réalise les portraits de ses amis posant avec une photographie ancienne d’eux-mêmes flottant dans un sac en plastique transparent rempli d’eau. Et il montre ainsi, à sa manière, le souvenir. Cette nostalgie inconsciente mais persistante toujours présente en lui. En nous.

« Mohamed Camara : souvenirs », Galerie Pierre Brullé, 25, rue de Tournon, 75006 Paris. 01 43 25 18 73.Jusqu’au 04/12/10.

Fraçoise Huguier à Saint-Pétersbourg

•23 novembre 2010 • Laisser un commentaire

Françoise Huguier, Kommunalka

Paris, Pavillon Carré Baudoin Lebon

Du 05/11/10 au 08/01/11

 

Des images fortes. Une lumière toujours recherchée, des couleurs délicatement choisies. Françoise Huguier définitivement ne nous laissera pas indifférent. Au contraire. Toute son œuvre et cette dernière série de 2008 entraîne dans un univers si personnel et profondément touchant. Pour le mois de la photo, elle présente son séjour dans un appartement communautaire de Saint-Pétersbourg. Ici la vie se métamorphose. Elle devient déroutante. Autre. Il faut s’y adapter. A tout prix. Résultat. Des images magnifiques d’une intimité remarquable. Qui emportent.

« Françoise Huguier : Kommunalka », Pavillon Carré de Baudoin, 121, rue de Ménilmontant, 75020 Paris. 01 58 53 55 40. Du 05/11/10 au 08/01/11.

Edgar Martins, Fondation Gulbenkian

•23 novembre 2010 • Laisser un commentaire

 Entre réel et fictionnel

Fondation Gulbenkian

Jusqu’au 18/12

À seulement 33 ans, Edgar Martins est un artiste prolifique. Sept de ses séries sont en effet présentées dans le très bel hôtel particulier de la Fondation Gulbenkian autour de la notion  d’indétermination  en photographie. On se pose beaucoup de questions en découvrant les magnifiques séries dont la dernière « A Metaphysical Survey of British Dwellings » (« Une cartographie métaphysique d’habitats britanniques ») réalisée dans un Centre d’entraînement pour la Police britannique et reproduisant une ville fictive, qui explorent le réel et le fictionnel. Avec des temps de poses très longs Edgar Martins a photographié des architectures  reproduisant à l’identique les rues et les commerces que l’on trouve habituellement en Angleterre avec toutefois une ambiguïté dans le rapport à la réalité. Martins  figure plus la métaphore de la ville associale moderne que la seule architecture. Il n’y a pas de mouvements, d’échanges ou bien de circulations dans ses images. Un calme sourd règne comme après un grand cataclysme. Le sentiment reste identique devant la série « This is not a House » (« Ceci n’est pas une maison ») dans laquelle Martins a choisi de photographier les maisons en construction abandonnées au moment de  la crise des subprimes aux Etats-Unis. Vidés de leurs propriétaires, les lieux deviennent hantés par une présence/absence  figurées par les objets et outils oubliés et laissés sur place. La photographie d’Edgar Martins maintient un dialogue subtil entre la tradition de la photographie topographique et architecturale tout en employant des références littéraires.  En s’appuyant sur le concept du miroir, cher à Baudrillard, Edgar Martins rappelle ainsi que ce que l’on voit n’est pas ce que l’on croit. Béatrice Andrieux.

 “La ligne volage/ The Wayward Line, Photographies d’Edgar Martins », Fondation Gulbenkian, 51, avenue d’Iéna, 75116 Paris. 01 53 23 93 93. Du 20/10/10 au 18/12/10.

Voir plus d’expos sur http://www.ouvretesyeux.fr/mag/photos.html

 
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