Qui est Jürgen ?
Jürgen est allemand. Il est né en 1968 à Fürth.
Aujourd’hui il vit et travaille à Paris.
Il est diplômé en 1994 de la très célèbre Ecole Nationale Supérieure de la Photographie à Arles.
Il a reçu plusieurs prix dont en 2006 celui du Prix Photo du Jeu de Paume.
Il a eu de nombreuses expositions personnelles aussi bien en France qu’en Allemagne.
Qu’est ce qui t’a ouvert les yeux ?
A 10 ans, mon père m’a offert une caméra super huit. J’ai alors commencé à faire des films. Nous faisions deux voyages par an et entre temps, je les montais. Ensuite j’ai fait de petites vidéos sur des musiques avec des copains. J’ai découvert la photo à 16 ans. J’ai installé une première chambre noire chez moi. La photo ne m’a plus lâché. C’était mon seul hobby, ma seule préoccupation. J’étais un enfant un peu solitaire et c’est une activité qui correspondait à ma personnalité. Je pouvais tout faire moi-même. Je pouvais tout maîtriser. Ensuite je suis venu en France pour faire mes études à Arles.
Que vois-tu à l’exposition ?
J’ai voulu travailler sur Dunkerque. C’est une région que je connaissais et qui est très industrielle. Je m’attendais à voir une région sinistrée par le métal. Je pensais faire un travail très porté sur l’industrie. Mais quelque chose s’est passé entre les gens et moi sur place. J’ai vécu une expérience en m’impliquant sur les lieux, dans la périphérie. J’ai fait de très belles rencontres qui s’annonçaient dans des travaux plus anciens, et du coup le paysage industriel s’est effacé. D’où des images plus poétiques, un travail sur la lumière que j’ai travaillé au fur et à mesure que les mois avançaient. J’ai cherché à saisir comment les gens récupèrent un territoire qu’on imagine comme un no man’s land, en marge des installations industrielles. Et j’ai trouvé des interstices occupés par les personnes qui vivent là. Je me suis concentré sur leur activité du dimanche et de fin de journée, dans des territoires tranquillement réinvestis. Tu peux voir un pique-nique, des hommes entrain de pêcher, des scènes de plage, des promeneurs dans les dunes. Tu vois, nous ne sommes plus ici dans le quotidien. Mais dans un moment exceptionnel. Ce moment où les gens deviennent acteurs de leurs jeux. Au fond, je suis un photographe du dimanche. J’aimerai redécouvrir les lieux dans un temps suspendu. Et je chercherai de plus en plus ce rapport dans l’avenir.
Tu peux voir à l’exposition une quarantaine de photographies dont huit très grands formats.
”Jurgen Nefzger”, LAAC de Dunkerque, 54900 Dunkerque. Tél. : 03 28 29 56 00. Jusqu’au 02/03.


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