Christine Barbe travaille actuellement la photographie, la vidéo et le dessin. En continuité avec son travail de la peinture (voir article ci-dessous). Elle expose du 26 juillet au 16 août, galerie Left coast galleries à Los Angeles.
Aujourd’hui, Christine travaille surtout la photographie et le dessin. Et jongle toujours entre la réalité et l’abstraction, la vie réelle et la vie rêvée. Elle aime le travail sur la manipulation de la mémoire. Les litanies et les différents états de l’être. Avec la sophistication qu’elle s’amuse à manipuler, contredire, falsifier. Le bic qu’elle travaille avec perfection et qu’elle « abîme » avec de l’alcool pour réaliser des effets fabuleux.…. Mais encore la photographie où elle multiplie les superpositions, les enchevêtrements, les montages, les collages numériques… Car la plasticienne malmène la technique pour mieux multiplier les errances mentales, laisser partir l’imagination, se complaire dans la fantasmagorie. Où interviennent comme des refrains le corps, la ville, la nature.
Comme dans ses dernier sujets consacrés aux « Jeux d’eaux » et aux « Eblouis » qui apparaissent comme de pures déconnexions de l’esprit. Christine touche le monde de la rêverie pure, de l’apparente sérénité intérieure. Les reflets de l’eau, les corps flottant dans ce plaisir de la décontraction, les visages vus du dessus, comme lissés, sereins. Le tout dans des couleurs superbes et subtiles mais fortes, où se conjuguent les turquoises et les safrans. Où l’on pourrait enfin croire à la beauté sublime du moment. De l’éternité …Mais derrière ses si belles et attirantes apparences, derrières les violines peut-être repoussantes, se cache toujours le sentiment de l’ambiguïté, quelque chose de magnétique et de toujours anxieux. Angoissé.
Sa série « Glam’food » exacerbe totalement ses oppositions intrigantes, ses jeux sur l’insolite, le ludique voire le grotesque qu’elle adore. L’artiste photographie de la nourriture, des petits fours aux restes de plats qu’elle recompose dans des photographies très élaborées. Avec des images prises la nuit. Dans le mouvement, la vitesse. Le tourbillon. Et la nourriture apparaît si bien travaillée, retravaillée qu’elle prend une autre dimension. Une autre vie. Qu’elle n’est même plus de la nourriture mais un élément de composition parmi d’autres d’une image photographique. Pour donner à voir une nouvelle entité totalement étonnante et inoubliable qui joue avec les limites de l’attraction-répulsion. Comme autant d’empreintes incongrues ou de paysages artificiels.
Et sa série de visages. Si particulière. Tellement éblouissante et si inquiétante. Où les yeux et la bouche, les endroits communicants se retrouvent habités, occultés par des éléments d’une nature luxuriante. Ici, Christine pousse au bout l’enfouissement. L’empêché. Fini l’expression. Arrive la pétrification. Mais d’une manière si poétique…Où les couleurs et les images de la nature, des verts émeraudes aux rouges incandescents contrastent avec la blancheur de la peau du personnage. Comme dédoublé.
Ses dessins relèvent du même combat. De la même obsession. Ici la vitesse devient rapidité et audace du trait. Toujours entre la perfection et la subversion, la plasticienne le triture au point même parfois de le faire disparaître. Laver. Délaver. Elle le désagrège pour mieux en trouver l’essence. La quintessence. Et ce sont ses souvenirs de ses derniers voyages à Los Angeles, qui se retrouvent malmenés sur le papier. Ces arbres qui la fascinent, les palmiers balisant les routes comme des marquages improbables. Ces morceaux artificiels de verdure emprisonnés dans l’urbanité de la ville.
Enfin, ses vidéos, toujours de petits films très courts transportent le spectateur dans de véritable voyages en surimpression. Ils mélangent les expériences des séjours à l’étranger de l’artiste comme dans la vidéo « Paris – Los Angeles » (ci-dessus) où les deux paysages urbains se confondent dans un mouvement et un rythme où identité et culture s’entremêlent.
Christine Barbe aime tellement les textures, les images, qu’elle ne peut s’empêcher d’en jouer, d’en déjouer au maximum pour mieux appréhender les choses et le monde. Comme pour mieux toucher, comprendre « la condition humaine ».
Le travail de Ch. Barbe a fait l’objet de nombreuses expositions à travers le Monde ; il a été présenté dans des expositions Muséales, en France au Musée d’Art Moderne de Grenoble, au Japon au Musée d’Art Moderne de Tokyo, au Etats-Unis au Musée d’art contemporain de San José, à l’espace d’art contemporain P. Ricard à Paris, au couvent des cordeliers à Paris. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections privées aux USA, au Japon, en Europe, ainsi que dans les collections permanentes de Musées et Fondations.
Voir http://christinebarbe.blogspot.com/ et www.christinebarbe.com

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