Qui est Cy Twombly ?
Il est né à Lexington aux Etats-Unis en 1928.
Il étudie l’art à Boston puis à Washington et New York.
En 1951, il expose pour la première fois à New York.
En 1954 il s’installe définitivement dans un atelier à New York.
En 1957, il s’installe aussi en Italie, à Rome. Il effectue de nombreux voyages à travers le monde qui nourrissent son œuvre.
Depuis 2002 il se consacre aussi beaucoup à la sculpture et à la photographie.
Que vois-tu à l’exposition ?
Des ratures, des griffures, des écritures. Avec des rehaussements de couleurs qui s’entremêlent les unes aux autres, se chevauchent, se vautrent. Des alphabets, des calligraphies, des traces vagabondes, presque des salissures, des mots sur des fonds diaphanes comme désintégrés ou plongés dans des empâtements somptueux, des hésitations de virtuoses, des volutes majestueuses. Et partout aussi des signes, des références à la poésie, à la mythologie. Car Twombly, s’il eraffle ou enflamme, est pétrie de culture antique qui traverse comme un O.V.N.I. ses tableaux les plus précieux. Un travail commencé dans les années cinquante en plein expressionnisme abstrait et se poursuit toujours avec la même passion et la même rigueur pour créer une œuvre à l’élégance raffinée. Vaporeuse. Et effroyablement belle.
Pourtant, La Tate nous montre presque l’opposé de l’exposition dévoilée l’an passé en Avignon. Là où les fleurs se déployaient dans des couleurs flamboyantes en hommage au peintre japonais Hokusaï, la Tate en bonne rétrospective, commence en 1953, date à laquelle Twombly commence ses gestes, ses crayonnages. Inspiré par Mallarmé, par le “blanc soucis de notre toile”, il cherche un peu son ”mouvement” comme le faisait Michaux. Autrement. Il y a aussi quelque chose d’oriental là dedans. “Le bras, la main, le poignet ne devant faire qu’un” selon Shitao. De grands tableaux noirs avec des traits indiquant des temps font ensuite référence au célèbre Muybridge qui influença tellement les avant-gardes du début du XXème siècle pour sa découverte de la décomposition du ouvement par l’image photgraphique. Puis apparaît la couleur. Comme un éblouissement. Un remerciement. Des rouges, des oranges presque sanguinolents réalisés en Italie lors d’un été torride où toute la ville avait été désertée. La chaleur, l’érotisme, la sensualité se dégagent jusqu’à l’étourdissement. Puis reviennent le noir et blanc. le noir et le gris comme pour mieux nous laisser éblouis par une série verte. Oui, toute une salle verte. Presque incroyable pour Twombly. Comme des lianes, des plantes noyées, imbibées d’eau. Comme des nymphéas d’un Monet d’aujourd’hui. En plus dans des formes totalement baroques car réalisées pour la Biennale de Venise. L’exposition se termine par trois immense calligraphies rouge-orange. Comme si le geste frêle et scriptural de ses débuts s’était libéré. Magnifiquement agrandi, à son amplitude maximale. Comme si enfin l’art et la vie ne faisaient plus qu’un.
”Cy Twombly : Cycles & Saison”, Tate Modern, Level 4, Londres. Du 19 juin au 14 septembre. Lire le catalogue de l’exposition. Voir www.tate.org.uk
Légendes : “Wilder Shores of Love (Bassano in Teverina), 1985, Cy Twombly Collection,courtesy Cy Twombly.



2 réponses jusqu'à présent ↓
Cy Twombly envahit les cimaises de la Tate Modern à Londres « harry wanders // juillet 18, 2008 à 4:50 |
[...] suite >>> Cy Twombly envahit … [...]
ouvretesyeux // juillet 18, 2008 à 6:00 |
Merci de faire suivre l’information
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