Kandinsky ? Une avalanche de couleurs. Une profusion de formes. Une constellation de signes. L’exposition de Beaubourg apparaît comme une révélation. Un évènement. Car pour la première fois est réunie toute l’œuvre de l’artiste. De ses premiers pas vers la peinture, en 1897, à Munich alors qu’il a déjà trente ans et un métier, juriste, jusqu’à ses dernières toiles inachevées réalisée à Neuilly où il meurt en 1944.
Damian Ortega est né en 1967 à Mexico City. Révélé à la 50ème Biennale de Venise avec son oeuvre “Cosmic Thing”, rien qu’une Coccinelle Volksvagen démantelée et suspendue au plafond(!), il est l’un des artistes les plus remarqués de sa génération et expose à l’Espace 315. Cet ancien créateur de bandes dessinées adore la parodie et les jeux du langage. Son installation réalisée pour Beaubourg est réalisée sur 200m2 de modules de
plexiglas de différentes couleurs et de différentes tailles. Comme si le spectateur trouvait tout à coup immergé dans un espace moléculaire ! Ici, on est obligé de se dépasser. De dépasser sa perception, de changer son point de vue, et même changer de réalité. Bref, une expérience fascinante que nous offre ce jeune artiste mexicain bien prometteur.
“Damian Ortega. Champ de vision”, Centre Pompidou. www.centrepompidou.fr. Du 13/11 au 09/02/09. Image : courtesy pGeorges MeCentre Pompidou, 2008.
L’exposition à l’Espace Claude Berri fait écho à une manifestation de Stéphane Calais à la galerie Aliceday à Bruxelles. En effet, ses “sculptures-collages” se retrouvent ici avec émerveillement. L’artiste joue des tours de magie avec du macramé, des ballons de basket, des plumes et des matériaux de toutes sortes qu’il détourne à volonté. Pour cette exposition, Stéphane Calais réalisera une nouvelle pièce qui investira tout l’espace de la galerie. L’ornement se métamorphosera donc ici en leurre ou fard. Entre crimes et délices…!
“Stéphane Calais. Ornements, crimes et délices”, Espace Claude Berri, 4, passage Sainte Avoye, 75003 Paris. 01 44 54 88 50. www.espace-claudeberri.com Image : Série “Ornement, crimes et délices”, Vue d’exposition galerie aliceday, Bruxelles, 2008. Photo Gilles Rentiers. Stéphane Calais.
Il vit en Europe depuis 1994 et pourtant peu connaissent son œuvre. Ve touche à tout génial qui adore aussi bien la sculpture, les installations, les peintures,
les dessins, les performances, les vidéos et la photographies, et on passe !, s’amuse depuis plus de 40 ans à détourner le réel. Toute son approche apparaît autobiographique puisque cet homme de 68 ans, d’origine Cherokee, ne cesse de militer depuis les années 70 pour la cause indienne et sa production artistique relève alors d’une recherche identitaire. Hors de toute catégorie artistique, martelant de pierres par exemple un réfrigérateur pour en faire une œuvre d’art, Jimmie Durham ne s’attache à aucun mouvement si ce n’est celui de la liberté.
“Jimmie Durham. Pierres rejetées… *”, Musée d’art moderne de la Ville de Paris/ARC, 11, avenue du Président Wilson, 75116 Paris. 01 53 67 40 00.www.mam.paris.fr. Du 30/01 au 12/04/09. Image : Jimmie Durham portrait., courtesy Fedele di Catrano.
Devant les images de Jean-Luc Moulène, il faut passer du temps. Beaucoup de temps. Et lorsque l’on s’offre ce temps, tout s’ouvre. Un nouvel espace vers un autre monde. Et ses scènes de la vie quotidienne, ces déambulations dans le réel prennent une forme totalement poétique. Politique. L’exposition de Nîmes présente 30 photos, 21 dessins et une vidéo de ces dix dernières années. Ici chaque présentation devient unique. « Il faut revenir au « Théâtre de la Cruauté », à cette opposition entre l’idéal et la condition. Mon travail est concrètement le lieu de ce conflit », explique l’artiste. « Pour mes images, je ne veux pas d’absence de fond : ce fond doit être aussi présent que la figure. Il s’agit de maintenir dans la surface une tension de conflit. Il n’y a pas de saillie. Ca avance ou ça recule. Il n’y a rien derrière l’image, le seul volume est entre la surface et le spectateur. C’est ça la frontalité ». Jean-Luc Moulène ne laisse donc rien au hasard. La figure doit envahir tout l’espace du tableau.Et c‘est ce que l’on voit et l’on ressent devant ces œuvres. Personnages, formes abstraites, compositions. Et c’est aussi ce qui fait sa force. Une exigence de beauté.
“Jean-Luc Moulène”, Carré d’Art – Musée d’art contemporain de Nîmes, Place de la Maison Carrée, 30031 Nîmes. Du 28/01 au 03/05/09. Image “Easy Jet Girl, Berlin, 7 juillet, courtesy de l’artiste & Galerie Greta Meert; Bruxelles.
Sarah Moon apparaît comme une étoile filante de la photographie d’aujourd’hui. Depuis les années 70, elle hante aussi bien les images des publicités de Cacharel, les podiums de mode que les cimaises des expositions. Son livre “12345″ composé de cinq chapitres et de nombreuses photos dévoile une oeuvre magnifiquement accomplie avec une esthétique reconnaissable entre mille comme on peut le voir galerie Camera Obscura.
“Sarah Moon”,galerie Camera obscura, 268, bd Raspail, 75014 Paris.01 45 45 67 08. Jusqu’au 06/12/2008. Livre aux éditions Delpire.
Images : “L’avant-dernière”, Sarah Moon, courtesy galerie Camera Obscura
Magnifiquement restauré, le Collège des Bernardins ne pouvait, pour sa première exposition, qu’inviter un artiste à sa hauteur. “Le Collège des Bernardins a vocation à être un lieu de rencontre et de dialogue ouvert à tous ceux et à toutes celles qui seront interessés par les propositions de travail ou les rencontres culturelles présentées ici, sans distinction d’opinions ou de religions; pourvu que ce soit respecté l’engagement d’entrer dans un véritable dialogue (…) (Cardinal Vingt-Trois”. C’est chose faite avec Claudio Parmiggiani qui investit les lieux avec trois immenses installations. Le dialogue, en effet, avec l’architecture est exceptionnel car l’oeuvre s’inscrit parfaitement dans cet édificie historique et mystique. Claudio Parmiggiani arrive à renouer passé et présent dans un splendeur rarement inégalée et donne du sens et de la vie à ce lieu magique.
“Parmiggiani”,Collège des Bernardins, 20, rue de POissy, 75005. www.collegedesbernardins.fr. Du 22/11 au 31/01/2009.