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Emil Nolde, mystique de la couleur, aux Sables d’Olonne jusqu’au 07/09

juillet 3, 2008 · Pas de commentaire

Missionnaire du pinceau, Emil Nolde le mystique fut le plus célèbre et le plus controversé des expressionnistes allemands. Si la France ne lui a toujours pas pardonné d’être apprécié par Goebbels, la France ose enfin célèbrer ce fou de Dieu.

 

 Quel est la vie et l’oeuvre de Nolde ? 

 “Nolde est plus que lié à la terre, il en est aussi le démon”(Klee). Un démon génial de la peinture allemande, un enragé de l’expressionnisme, enraciné dans sa campagne natale, ce pays frison du nord qui frôle la Baltique, paysan et austère, protestant fanatique et superstitieux, peuplé de fables, de gnomes et de lutins. Un malade de solitude, qui s’accroche au wagon idéaliste  du Brücke dont il se détache vite pour incompatibilité d’humeur. Un missionnaire du pinceau, si vulnérable qu’il se sentira persécuté jusqu’à la fin de sa vie. Nolde porte encore sa croix. L’exaltation de sa germanité, son désir d’obtenir enfin un relatif bien être, en ont fait un peintre du troisième Reich. Mauvais rêve, Goebbels collectionne ses tableaux. Mauvais réveil, 1052 de ses oeuvres sont confisquées dans les musées allemands dans le cadre de l’ “art dégénéré”. Reconnu dans le monde entier, la France ne lui a pourtant jamais consacré d’exposition personnelle.

“Souvent, je m’allongeais dans le blé haut…les bras en croix…: c’est ainsi que gisait notre sauveur Jésus-Christ..”. Ebéniste à Flensbourg, Munich, Kalsruhe et Berlin, professeur de dessin à Saint-Gall en Suisse à partir de 1892, le jeune autodidacte mystique se nourrit des vers envoûtants de Mallarmé, boit Wagner, avale Nietzsche, goûte Boecklin et Hodler. En 1898, fort du succès financier de cartes postales qui se vendent par millier en quelques jours, il se consacre exclusivement à son art. Un an plus tard, il suit les cours de l’Académie Julian de Paris, hante le Louvre, et s’éblouit de la “grandeur dramatique” de Daumier et de Manet, “le grand peintre de la lumière claire”. En 1901, à 34 ans, Emil Hansen prend le nom de Nolde, son village natal de Silésie.

“Le peintre s’est trouvé, les couleurs étaient devenues son langage”. Après plusieurs années d’hésitation pointilliste, Nolde explose les teintes, étale  les touches. Ses exubérances colorées, ses déchaînements marins et floraux subjuguent les membres du Brücke qui l’invitent à les rejoindre en 1906, un an seulement  après la constitution du groupe. Conséquence immédiate : Nolde laisse tomber la perspective pour un espace totalement plat. Certes, leur fanatisme pour le “bon sauvage” à la Gauguin, la transe à la Van Gogh, et la sensibilité  névrosée d’un Munch, les entraîne vers une spontanéité commune où tout est “instinct et tension”, écrit Nolde. Certes, leurs formes rudes et agressives prônent la subjectivité comme absolu.

Mais à quarante ans,  ce fou de solitude retiré dans sa maison d’Alsen, ne peut suivre une jeunesse rebelle et destructrice qui porte haut l’étendard de “l’homme nouveau” et crie à qui veut l’entendre, le “progrès à n’importe quel prix” (Marc). Plutôt proche des interprétations poétiques et musicales de Klee, mais opposé à tout intellectualisme,  avec les couleurs, Nolde “créer des harmonies et des oppositions de sons et d’accord”. Et les érotise : “comme si elles aimaient mes mains”. Nul doute, il transmet ainsi au Brücke le culte du terroir : “blut und boten”, “sang et terre” atteignant son but lorsqu’il sent “la mousse et les algues en train de pousser”. 

“Il fallait que - j’ai affaire - à un Dieu en moi, aussi brûlant et saint que l’amour du Christ”. Des visages jaunes aux yeux violets, rouges aux yeux verts, des masques grotesques, comme tailladés dans le bois, des  torsions de couleurs surnaturelles, des gros plans de figures hallucinées et compressées,  contractées par la souffrance. A partir de 1909, comme Schmidt-Rottluf, Kokoschka, Rohlfs et Morgner, Nolde s’enivre  de la Bible. Et saisit enfin le sacré. A l’instar de Rouault, la force de ses oeuvres naît de son identification au Christ, symbole de l’auto-sacrifice et de la trahison qu’il croit lui-même subir. Rongé par le doute, il exprimera sa foi tourmentée  à la Greco à travers l’imagerie élémentaire des paysans et des pêcheurs du nord. Désormais, jamais plus ce visionnaire archaïque  n’abandonnera ce don de traduire le mythe en images. Son apogée : “La Cène” et “Pentecôte”, ainsi que les fantastiques neuf volets sur “La vie du Christ”. Violemment critiqués, ces tableaux furent refusés à la Berliner Sezession de 1910. Nolde attaque alors le “dictatorial” président Liebermann et fait un scandale qui aboutira à son exclusion. En 1937, à Munich, un grand écriteau “maléfice peint” les surmonteront à l’exposition sur l’Art dégénéré”.

“J’ai parfois le sentiment que ce sont eux les vrais hommes, et nous sommes des sortes de marionnettes articulées, artificielles et pleines de suffisance”. Toujours en quête du paradis biblique, mythique et perdu. De “l’essence primitive”.  Nolde se passionne pour l’art des peuples des mers du sud  au point de désirer écrire un livre sur le sujet. Il furete au musée ethnographique de Berlin où il vit l’hiver, quand il ne collectionne quelque objet. Dès lors, masques,  statues et tissus exotiques  traités comme des natures mortes, peuplent ses tableaux. De 1913 à 1914, le peintre participe à une expédition ethnologique en Nouvelle Guinée et peint le fusil sur l’épaule : encore plus  que l’authenticité recherchée par Gauguin, il découvre  une essence démoniaque, élémentaire, dans les danses indiennes et les attitudes des êtres qu’il scute avec ferveur. Retour aux sources, énergie plastique, simplification drastique des formes, comme pour Picasso en 1907-08, la sculpture indique ici la voie à suivre. Car à l’instar du maître espagnol, Nolde fonctionne avec l’instinct, la violence des pulsions organiques, de cet inconscient que les surréalistes révèleront dix ans plus tard. Avec en plus, l’abondance magique de la couleur.

“C’est un miracle que je suive ma ligne sans vaciller”. Nolde, jusqu’auboutiste de l’expressionnisme, n’a jamais failli. Peintre le plus représenté dans les musées allemands au début des années 30, bon patriote adhérant du Parti national socialiste, il ne comprend plus rien lorsque les nazis lui confisquent ses oeuvres en 1937 et lui interdisent de peindre en 1941. C’est pourtant au cours de cette période d’abbattement qu’il créera des centaines de merveilleuses aquarelles, intitulés “tableaux non peints”.  Lumineuses, emportées, et tellement proches de l’abstraction d’un Rothko. Il meurt à 89 ans, dans son village retiré de Seebüll.

 

“Emil Nolde. Les Images non peintes”, Musée de l’Abbaye Saint-Croix, rue de Verdun, 85100 Les Sables D’Olonne. Tél. : 02 51 32 01 16. Jusqu’au 7 septembre.

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Les Gao Brothers à la galerie Vallois jusqu’au 31/07

juillet 3, 2008 · Pas de commentaire

Ah, encore des artistes Chinois ! Mais ceux là, on les aime bien ! Parce qu’ils sont drôles et impertinents, remplis de tendresse et d’humour. Artistes d’avant-garde en Chine, les frères Gao collaborent ensemble sur des installations des performances, de la sculpture et des photographies depuis les années 80. Bien sûr, ils sont fils de la révolution culturelle et en ont subi toutes les conséquences : leur père a été tué pour cause d’intellectualisme en 1968. Et les voilà donc qu’ils se lancent à corps perdu sur le Grand Timonier ! Ils le transforment en femme, le colorie, le métamorphose en Pinocchio ou Mickey ! Bref, rien ne les arrête pour dénoncer un mal qui persiste encore dans une société en total changement.

 

 

 

“Gao Brothers”, Vallois Sculptures contemporaines, 35, rue de Seine, 75006 Paris. Tél. : 01 43 25 17 34. Jusqu’au 31 juillet.

Image: “Miss Mao”, 2006, courtesy Galerie Vallois

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Peter Doig, la peinture à fleur de peau. Au Musée d’art moderne de la ville de Paris jusqu’au 07/09

juin 30, 2008 · 2 commentaires

Que vois-tu à l’exposition ?

Peter Doig a 49 ans et ses prix grimpent, grimpent, grimpent ! Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Peter Doig n’est pas une mode. Ou un effet de mode. C’est tout simplement un peintre. Un excellent peintre. De ceux qui vous donnent envie d’approcher la toile. De l’effleurer. De la toucher. Presque de s’y baigner. De rentrer dans la couleur. La boire. S’en enivrer. « Un tableau n’est pas fixe, immobile comme une photographie…. Peindre c’est s’avancer sur une surface, s’y perdre, se perdre soi-même, aller au-delà de soi, marcher sur une étendue déserte et s’y laisser engloutir physiquement », dit l’artiste. Et c’est exactement cela. Dans ses toiles immenses, le visiteur se retrouve face à des paysages sauvages. Presque vierges. Qui virent souvent à l’abstraction. Car ce sont les jeux des lumières, des couleurs, des textures qui intéressent Doig. Pour que « le travail devienne un autre monde ». Et laissez vous envahir et vivre dans cet ailleurs magique et magnifiquement incommensurable.

 

“Peter Doig”, Musée d’art moderne de la ville de Paris/ARC, 11, avenue du Président Wilson, 75116 Paris. Tél. : 01 53 67 40 00. Du 30 mai jusqu’au 7 septembre. Voir www.mam.paris.fr

Images : courtesy MNAMVP

Diaporama : Christine Barbe

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Richard Avedon au Jeu de Paume du 01/07 au 28/09 ( photo Richard Avedon, courtesy 2008 The Richard Avedon Foundation). Les quarante ans de travail d’un des plus grand sublimateur de la beauté de la femme.

juin 29, 2008 · 2 commentaires

Regarde et va voir !

Essayez de vous retenir !!!! Et si avant de voir l’exposition, vous passiez par le sous-sol pour regarder le film consacré à Avedon. Pour le voir, comprendre avant de regarder. Parce qu’il est tellement important de le voir bouger, parler, diriger, travailler, aimer, parler, philosopher… L’homme est donc là. L’artiste. L’immense photographe. Magnifique. Mais aussi magnifique qu’absolu. Jusqueboutiste jusque dans son moindre regard. Le moindre montage. Le film montre un Richard Avedon toujours angoissé, toujours stressé. Sur le fil du rasoir. Et il danse, trouve l’équilibre. En regardant au plus profond de son modèle. Comme en fouillant son âme. Pour laisser sur le papier une émotion. Unique. Et dans le film, il parle de sa femme, de son fils. De la maison qu’il a acheté à Long Island pour son fils et ses petits enfants. Oui. L’homme est là. Bien vivant. Gai. Toujours prêt à s’amuser aussi. A rire. A aimer. Et puis allez-y. Montez vite voir l’œuvre. Cette œuvre immense. De celui qui regardait ses modèles jusque dans les pupilles pour en étudier la luminosité. Cette première grande rétrospective du photographe américain dévoile tous les aspects de son œuvre. Les stars de cinéma comme un impressionnant portrait de Marilyn presque désespérée. Les artistes comme Giacometti, Andy Wahrol et les membres de la Factory dans une composition magistrale et humoristique. Mais ses personnages sont aussi clochards, mineurs, SDF, forains. Marqués par la vie. Et même là se retrouve cette mise en scène incroyable et parfaite. Celle d’un maître. Incontestablement. Ancré dans la beauté, la grâce comme dans la vie.

“Richard Avedon”, Jeu de Paume, 1, place de la Concore, 75001 Paris. voir www.jeudepaume.com et www.richardavedon.com Du 1er juillet au 28 septembre.

(légendes en cours)

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Jean Nouvel dialogue avec les oeuvres de César, à la Fondation Cartier du 8/07 au 26/10

juin 22, 2008 · Pas de commentaire

Souvenir de la dernière rétrospective de César au Jeu de Paume.

 

“Après la rétrospective au Jeu de Paume, ça ira mieux. Je suis d’une nature angoissée… et je ne suis pas venu ici depuis plusieurs semaines”, avoue le vieux maître.  A peine passée l’incroyable porte chargée de  stuc gris de cette petite rue tranquille du 14ème arrondissement, tout à côté du cimetière Montparnasse, César se laisse prendre en main par son assistante et bougonne. “Depuis quelques jours je n’arrête pas de somnoler. D’habitude je plaisante, j’ai de l’humour… c’est peut être ça la vieillesse”, confie t-il. Qu’à cela ne tienne. A 76 ans, le sculpteur qui vient de remporter avec Cy Twombly, Tadao Ando, Luciano Berio et Andrzej Wajda, le Praemium  Impériale au Japon, apparaît bien  plus en forme qu’il ne veut  l’avouer. Et sa légendaire bonne humeur pointe au-dessus de chaque oeuvre de l’atelier. Un café cherché par Pascale,  et le voilà reparti.

 

Dans l’entrée d’abord, César Baldaccini circule au milieu d’un bel imbroglio de cartons en tous genres et d’oeuvres, emballées, déballées,  parmi lesquels trône un de ses  gigantesque pouce blanc. Plus loin des compressions de toutes sortes, cartons, métal, bicyclette. Contre le mur, plusieurs “Hommages à Morandi” sagement protégés dans leur plastique.  A leur  côté, insolite, une cruche  bleu vif ramassée aux puces de Nice, il y a plus de trente ans, attend toujours un éventuel sacrifice à la presse. Dans le bureau attenant, au-dessus du canapé Le Corbusier, trois petites compressions. En face, une série de photographies datant de 1957, représentant César en compagnie de Picasso, dont le prénom revient sans cesse au fil de la conversation :”C’est une période rare où je n’avais plus de barbe, commente t-il. Un ami m’avait offert un rasoir électrique, alors je l’ai essayé !”.

 

“Je me suis installé dans cet atelier en 1969. Je faisais alors des mousses”, explique ce touche à tout génial, regardant devant lui le grand espace blanc, lumineux, surmonté sur toute sa  longueur d’une large verrière. “Mais j’ai toujours travaillé en nomade, continue ce fils d’émmigrés toscans, dans des entreprises,  actuellement en Normandie”. Dans le fond de la pièce, sous la mezzanine, une ribambelle d’instruments bien rangés sur plusieurs niveaux. Ceux de son fidèle restaurateur, affublés de longs cheveux et d’une barbe blanche. Comme lui. Et partout, sur des tables ou posées à même le sol, de nombreuses oeuvres de ce protée des matières et des techniques, des premières métamorphoses métalliques aux derniers autoportraits en plâtre,  assemblées par thèmes, par séries.

 

Ici, une drôle de ménagerie toute de fer soudé. Noire, morbide, inquiétante.  Poules, insectes, hiboux. Des bouts de matière assemblés au chalumeau. Des boulons, des clous, des morceaux de métal fondus. Présences hallucinatoires nées d’une impossible ferraille, de bribes et de débris. Un spectacle de creux, de bosses, de déchirures. De sutures. “J’ai fait beaucoup d’insectes dans les années cinquante, parce que le métal s’y prête, explique cet incroyable fils de Duchamp et de Rodin dont il connaît tous les secrets d’atelier. Si j’avais utilisé la terre, j’aurai fait autre chose, comme Arp, comme Fontana et ses boules fendues… la terre incite à faire des gestes continus. Avec le fer, on ne peut pas prendre le matériau en main parce qu’il est chaud. Mais le sculpteur reste un tripoteur, un type qui a l’esprit du toucher… Il y a toujours derrière le cuisinier, le feu. Selon ce qu’il met dedans, le résultat est différent”, dit-il simulant le geste de pétrir, puis celui de souder.  

 

Là, des rectangles de métaux compressés, broyés, violentés. Morceaux de carcasses de voitures. Entrailles affolantes aux masses de couleurs sombres d’où s’échappent des jaunes, des bleus, des rouges ou des blancs. De celles qui firent scandale au Salon de Mai de 1960 et le hissèrent comme locomotive du Nouveau Réalisme.  L’art de César a besoin d’un choc. D’un crash. Plus encore. D’un massacre, d’une étreinte infernale et grandiose entre lui et l’objet. “C’est vrai, c’est en détruisant que je construit”, constate-t-il. Comme Pollock ou Tobey en peinture, comme Giacometti et Germaine Richier en sculpture, César se laisse fasciné par les affres, les épanchements de l’informe, par le jeux de ces matières qu’il préfère usées, pétries, déchets, résidus de notre société. Premier sculpteur à s’être servi d’une machine pour réaliser des oeuvres d’art, il entremêle somptueusement lyrisme et minimalisme, avec un zest de dadaïsme  et d’humour picassien.

 

Dispersées une peu partout dans l’atelier, des “expansions” de petit format. Troisième geste radical datant de 1967, cette fois. “Je prenais un récipient et remuait le produit, puis je le faisais sortir plus ou moins vite ou lentement. Les gens utilisaient alors la mousse dans un moule. Moi, je l’ai utilisée de manière libre. Pour celle-ci, explique l’artiste tournant dans ses mains une petite expansion jaune en forme de champignon, cherchant à savoir pourquoi elle est bancale, j’ai mis le produit dans le sceau et je n’ai pas touché… C’était un jeu”.  Gestes jubilatoires, aléatoires, euphoriques : remuer, renverser, déverser. Coulées roses, oranges, bleues, immenses bonbons ondulants, vagues fluorescentes ou nacrées, qui s’étalent, s’épanchent, gonflent. Chairs qui se plissent, se déplissent. Onctueusement, sensuellement. César inventeur, César magicien qui n’en peut plus de s’approprier et manipuler matières et objets de notre modernité. Rien que pour le plaisir de faire.

 

Mais César artisan surtout. Hanté par la nostalgie de la grande statuaire qu’il appris, étudiant, à l’Académie des Beaux-Arts, rue Bonaparte. “Pour moi, un sculpteur, c’est un statuaire, comme Maillol ou Rodin. Mais Man Ray, Spoerri, Tinguely, Calder, ce sont des artistes, comme moi”. Et pourtant. Au fond de l’atelier, un “Centaure” de petit format rappelant la statue équestre qui interpelle le passant place de la Croix Rouge  à Paris. Et juste devant lui, entre deux autoportraits de bronze, l’original en plâtre de quelques centimètres de haut de ses célèbres “Pouce”, comme celui de douze mètres installé à la Défense depuis 1994. Monumentalité.  De celle qu’il vénère. La Grande Grèce et l’Italie. Marc Aurèle au Capitole, Donatello à Padoue, Verrocchio à Venise. César, la contemporanéité renouvellée.

 

“César, anthologie par Jean Nouvel”, Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261, boulevard Raspail, 75014 Paris. Du 8 juillet au 26 octobre. www.fondationcartier.com.

 

Images :

- “César”, Paris; 1997, courtesy César/Adagp, Paris, 2008. Photo iverné/elnour

- compression jaune : “Gialto Naxos 594″, 1998, photo Aurelio Amendola, Courtesy César Administration, Stéphanie Buzutil, Adagp, Paris, 2008.

- “Pouce”, 1992, fonte d’or, collection particulière, courtesy César/adagp, Paris 2008. Photo courtesy Patrick Gries.

“Expansion n°37″, 1972, polyester armé de fibre de verre et laqué. Succession César, courtesy/Adagp, Paris 2008, Photo Patrick Gries.

 

 

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L’argent dans l’art contemporain ? Une question que se pose Le Plateau du 18/06 au 17/08

juin 20, 2008 · Pas de commentaire

Ah, l’argent ! Qui hante les artistes, les collectionneurs et les marchands ! Ils sont plus d’une cinquantaine d’artistes à s’être penché sur la question. L’exposition se veut historique, du 19ème siècle à nos jours. De l’usurier dans le tableau du flamand Quentin Metsys à Warhol,  la « caisse enregistreuse de l’art » selon Thierry de Duve, aux années 70-80 période durant laquelle les artistes décident d’infiltrer le réseau institutionnel pour mieux dénoncer les transactions tacites. Enfin, place aux artistes d’aujourd’hui qui ont réalisé des œuvres rien que pour l’exposition avec pour référence, évidemment : l’argent ! Vous pouvez donc tout découvrir ici sur les différents aspects de l’argent vu par les artistes. Argent sale, vol, circulation de produits financiers, contrats et actions, gratuité, don ou échange, luxe, musée et produits dérivés. « L’argent » se veut une exposition sans argent ou tout est dit sur l’argent dans l’art ! Une démarche singulière mais bienvenue.

 “L’Argent”, Le Plateau, 33, rue des Alouettes, 75019 Paris. Du 18 juin au 17 août. Voir www.fracidf-leplateau.com

Images : Pietroiusti Cesare & Griffiths Paul, “Eating Money-Ab Auction”, mai 2007, Performance, Ikon Gallery, Birmingham. Photo : Caters News; Lebelle-Rojoux Arnaud, “Profitez-en…”, 2005, Acrylique sur papier couleur, 80cmX62cm, Collection Cornette de Saint-Cyr. Courtesy Galerie Loevenbrück, Paris; Fabio Balducci & Sophie Calle, “Cash Machine 07-54″, 2003, Photographie noir et blanc, aluminium, encadrement, DVD ‘Unfinished”, 30×40cm (x7). Courtesy Galerie Emmanuel Perrotin, Paris et Miami, ADAGP.

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Thierry Marx au Laboratoire, cuisine ou science-fiction ? Jusqu’au 21/07

juin 16, 2008 · Pas de commentaire

  

Un accueil chaleureux, un jeune homme d’une gentillesse incomparable qui vous donne des explications tout au long du repas ! Que demander de mieux lorsque l’on pénètre l’antre du Laboratoire où l’on se demande à quelle sauce nous allons bien être mangés ! Mais Thierry Marx, 2 étoiles au Michelin, et David Edwards, directeur du Laboratoire n’ont rien laissé au hasard.  Mise en scène fabuleuse de vidéos réalisées par Mathilde de L’Ecotais qui décorent les tables de manière ultra-contemporaine, explication des expériences in situ par des étudiants plus qu’efficaces, un service précautionneux pour nous faire comprendre tout ce qui se passe autour de nous et dans nos plats ! Une expérience qui se veut donc belle et savoureuse. Un moment d’émotion, d’étonnement, d’expérience.

A 46 ans, Thierry Marx, propose donc dans ce nouveau lieu de l’art contemporain la dégustation d’un menu où il invente des « perles de saveur », des petites billes minuscules où sont emprisonnées les produits à l’état pur comme le homard, le chou-fleurs ou la vanille. Sa cuisine moléculaire étonne mais ravit. Où en trouve t-il son inspiration ? Peut-être au Japon,  où ce parisien de Belleville vit trois mois par an. Et le voilà lancé vers de nouvelles aventures avec des chercheurs de l’Ecole de physique et chimie de Bordeaux et Harvard, et sa collaboration avec Jérôme Bibette du Laboratoire de physique et de Chimie de Paris. Tomates cubiques injectées de mozzarella liquide en entrée, bœuf carotte  avec sa viande frappée hyper zen en plat de résistance et dessert avec des billes de mangue, évidemment. Pour conclure l’expérience, un café et son « whif », une inspiration toute en douceur de particules de chocolat à travers un tube genre cigare. Le grand chef conçoit qu’il en est encore au stade expérimental mais que tout sera au point et commercialisable d’ici l’année prochaine. « Dans la sphère de Thierry Marx », nous dégustons bien de la cuisine mais frôlons avec délice la science-fiction !

 « Le Laboratoire. Dans la sphère de Thierry Marx », 4, rue du Bouloi, 75001 Paris. www.lelaboratoire.org.

 

 

 

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La vidéobox à Artparis08 : des artistes

juin 12, 2008 · Pas de commentaire

Hervé Di Rosa, Pierrick Sorin, Kimiko Yoshida, Fouad Bellamine, Damien Aspe, Marina Fédorova, Damien Cabane

Nous avons accueilli des acteurs d’Artparis: galeristes, artistes, critiques d’art, collectionneurs, éditeurs d’art, commissaires d’exposition…Le principe de ce projet : la réalisation d’un film d’interviews de personnalités de l’art contemporain présentes à Artparis. Ces entretiens seront réunis dans un DVD. Ces intervenants de l’art contemporains ont été interviewés et filmés en répondant à la question:  « Qu’est ce qui vous a ouvert les yeux à l’art ? » . En référence au souvenir de l’enfance qui a déclanché leur vocation pour les arts.
Nous n’avons oublié personne mais internet nous oblige à une petite sélection.  

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La videobox à Artparis 08 : des collectionneurs, commisaires d’expositions…

juin 10, 2008 · Pas de commentaire

La Maison Rouge, son directeur, Antoine de Galbert,  Jean-Paul Bath, directeur du groupe ArtActuel,  Braim Alaoui, commissaire de l’exposition “Traversées”,  la directrice d’ArtParis, Caroline Clough-Lacoste et le directeur artistique Henri Jobbé-Duval, East West Fund Contemporary Art : Samir Sabet d’Acre.

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La vidéobox à Artparis08 : des galeristes

juin 10, 2008 · Pas de commentaire

Galerie JGM, Jean Gabriel Mitterrand ; Galerie lelong, Jean Frémon ;   Galerie Obadia, Nathalie Obadia;  Renaud Bergonzo de la galerie Acte2,  Daniel Templon, Eric Dupont,  Albert Benamou,  Odile Aittouares

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