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Jean Nouvel dialogue avec les oeuvres de César, à la Fondation Cartier du 8/07 au 26/10

juin 22, 2008 · Pas de commentaire

Souvenir de la dernière rétrospective de César au Jeu de Paume.

 

“Après la rétrospective au Jeu de Paume, ça ira mieux. Je suis d’une nature angoissée… et je ne suis pas venu ici depuis plusieurs semaines”, avoue le vieux maître.  A peine passée l’incroyable porte chargée de  stuc gris de cette petite rue tranquille du 14ème arrondissement, tout à côté du cimetière Montparnasse, César se laisse prendre en main par son assistante et bougonne. “Depuis quelques jours je n’arrête pas de somnoler. D’habitude je plaisante, j’ai de l’humour… c’est peut être ça la vieillesse”, confie t-il. Qu’à cela ne tienne. A 76 ans, le sculpteur qui vient de remporter avec Cy Twombly, Tadao Ando, Luciano Berio et Andrzej Wajda, le Praemium  Impériale au Japon, apparaît bien  plus en forme qu’il ne veut  l’avouer. Et sa légendaire bonne humeur pointe au-dessus de chaque oeuvre de l’atelier. Un café cherché par Pascale,  et le voilà reparti.

 

Dans l’entrée d’abord, César Baldaccini circule au milieu d’un bel imbroglio de cartons en tous genres et d’oeuvres, emballées, déballées,  parmi lesquels trône un de ses  gigantesque pouce blanc. Plus loin des compressions de toutes sortes, cartons, métal, bicyclette. Contre le mur, plusieurs “Hommages à Morandi” sagement protégés dans leur plastique.  A leur  côté, insolite, une cruche  bleu vif ramassée aux puces de Nice, il y a plus de trente ans, attend toujours un éventuel sacrifice à la presse. Dans le bureau attenant, au-dessus du canapé Le Corbusier, trois petites compressions. En face, une série de photographies datant de 1957, représentant César en compagnie de Picasso, dont le prénom revient sans cesse au fil de la conversation :”C’est une période rare où je n’avais plus de barbe, commente t-il. Un ami m’avait offert un rasoir électrique, alors je l’ai essayé !”.

 

“Je me suis installé dans cet atelier en 1969. Je faisais alors des mousses”, explique ce touche à tout génial, regardant devant lui le grand espace blanc, lumineux, surmonté sur toute sa  longueur d’une large verrière. “Mais j’ai toujours travaillé en nomade, continue ce fils d’émmigrés toscans, dans des entreprises,  actuellement en Normandie”. Dans le fond de la pièce, sous la mezzanine, une ribambelle d’instruments bien rangés sur plusieurs niveaux. Ceux de son fidèle restaurateur, affublés de longs cheveux et d’une barbe blanche. Comme lui. Et partout, sur des tables ou posées à même le sol, de nombreuses oeuvres de ce protée des matières et des techniques, des premières métamorphoses métalliques aux derniers autoportraits en plâtre,  assemblées par thèmes, par séries.

 

Ici, une drôle de ménagerie toute de fer soudé. Noire, morbide, inquiétante.  Poules, insectes, hiboux. Des bouts de matière assemblés au chalumeau. Des boulons, des clous, des morceaux de métal fondus. Présences hallucinatoires nées d’une impossible ferraille, de bribes et de débris. Un spectacle de creux, de bosses, de déchirures. De sutures. “J’ai fait beaucoup d’insectes dans les années cinquante, parce que le métal s’y prête, explique cet incroyable fils de Duchamp et de Rodin dont il connaît tous les secrets d’atelier. Si j’avais utilisé la terre, j’aurai fait autre chose, comme Arp, comme Fontana et ses boules fendues… la terre incite à faire des gestes continus. Avec le fer, on ne peut pas prendre le matériau en main parce qu’il est chaud. Mais le sculpteur reste un tripoteur, un type qui a l’esprit du toucher… Il y a toujours derrière le cuisinier, le feu. Selon ce qu’il met dedans, le résultat est différent”, dit-il simulant le geste de pétrir, puis celui de souder.  

 

Là, des rectangles de métaux compressés, broyés, violentés. Morceaux de carcasses de voitures. Entrailles affolantes aux masses de couleurs sombres d’où s’échappent des jaunes, des bleus, des rouges ou des blancs. De celles qui firent scandale au Salon de Mai de 1960 et le hissèrent comme locomotive du Nouveau Réalisme.  L’art de César a besoin d’un choc. D’un crash. Plus encore. D’un massacre, d’une étreinte infernale et grandiose entre lui et l’objet. “C’est vrai, c’est en détruisant que je construit”, constate-t-il. Comme Pollock ou Tobey en peinture, comme Giacometti et Germaine Richier en sculpture, César se laisse fasciné par les affres, les épanchements de l’informe, par le jeux de ces matières qu’il préfère usées, pétries, déchets, résidus de notre société. Premier sculpteur à s’être servi d’une machine pour réaliser des oeuvres d’art, il entremêle somptueusement lyrisme et minimalisme, avec un zest de dadaïsme  et d’humour picassien.

 

Dispersées une peu partout dans l’atelier, des “expansions” de petit format. Troisième geste radical datant de 1967, cette fois. “Je prenais un récipient et remuait le produit, puis je le faisais sortir plus ou moins vite ou lentement. Les gens utilisaient alors la mousse dans un moule. Moi, je l’ai utilisée de manière libre. Pour celle-ci, explique l’artiste tournant dans ses mains une petite expansion jaune en forme de champignon, cherchant à savoir pourquoi elle est bancale, j’ai mis le produit dans le sceau et je n’ai pas touché… C’était un jeu”.  Gestes jubilatoires, aléatoires, euphoriques : remuer, renverser, déverser. Coulées roses, oranges, bleues, immenses bonbons ondulants, vagues fluorescentes ou nacrées, qui s’étalent, s’épanchent, gonflent. Chairs qui se plissent, se déplissent. Onctueusement, sensuellement. César inventeur, César magicien qui n’en peut plus de s’approprier et manipuler matières et objets de notre modernité. Rien que pour le plaisir de faire.

 

Mais César artisan surtout. Hanté par la nostalgie de la grande statuaire qu’il appris, étudiant, à l’Académie des Beaux-Arts, rue Bonaparte. “Pour moi, un sculpteur, c’est un statuaire, comme Maillol ou Rodin. Mais Man Ray, Spoerri, Tinguely, Calder, ce sont des artistes, comme moi”. Et pourtant. Au fond de l’atelier, un “Centaure” de petit format rappelant la statue équestre qui interpelle le passant place de la Croix Rouge  à Paris. Et juste devant lui, entre deux autoportraits de bronze, l’original en plâtre de quelques centimètres de haut de ses célèbres “Pouce”, comme celui de douze mètres installé à la Défense depuis 1994. Monumentalité.  De celle qu’il vénère. La Grande Grèce et l’Italie. Marc Aurèle au Capitole, Donatello à Padoue, Verrocchio à Venise. César, la contemporanéité renouvellée.

 

“César, anthologie par Jean Nouvel”, Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261, boulevard Raspail, 75014 Paris. Du 8 juillet au 26 octobre. www.fondationcartier.com.

 

Images :

- “César”, Paris; 1997, courtesy César/Adagp, Paris, 2008. Photo iverné/elnour

- compression jaune : “Gialto Naxos 594″, 1998, photo Aurelio Amendola, Courtesy César Administration, Stéphanie Buzutil, Adagp, Paris, 2008.

- “Pouce”, 1992, fonte d’or, collection particulière, courtesy César/adagp, Paris 2008. Photo courtesy Patrick Gries.

“Expansion n°37″, 1972, polyester armé de fibre de verre et laqué. Succession César, courtesy/Adagp, Paris 2008, Photo Patrick Gries.

 

 

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Le samedi 17 mai, 956 musées français ouvrent leurs portes avec des évènements fabuleux et 41 pays font de même ! Courez-y !

mai 16, 2008 · Pas de commentaire

Venez tous, courez, accourez, précipitez vous, jeunes et grands et de tous âges dans cette fabuleuse Nuit des musées où mises en lumières, performances musicales, théâtrales et littéraires, créations inédites, éphémères et contemporaines dialoguent le temps d’une nuit avec les collections permanentes des musées. Avec plusieurs évènements au musée Rodin, cinq au musée de la Monnaie, deux au Centre culturel suisse, deux encore aux arts décoratifs soit plus d’une de lieux où se passent divers évènements rien que sur Paris. Et toutes les régions de participer et 41 pays de s’y joindre !  Avec près de 1000 musées français qui ont accueillis l’an passé 1,3 millions de visiteurs, cette Nuit des musées apparaît comme une véritable réussite ! Alors, même s‘il faut parfois faire la queue… attendez, cela vaut le coup !

 

Voir tous les évènements sur www://nuitdesmusées.fr

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La Vidéobox d’Ouvretesyeux sur Artparis08 !

avril 18, 2008 · Pas de commentaire

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INFO INFO INFO INFO !!!!!

 

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Anne Kerner et Christine Barbe vous informent de leur présence à Artparis08 avec une réalisation en partenariat avec Artparis08. Nous accueillons des acteurs d’Arparis: galeriste, artiste, critique d’art, collectionneur, éditeur d’art, commissaire d’exposition… à l’espace VIP Feuillatte qui nous reçoit pour cette production.

Le principe de ce projet : réalisation d’un film d’interviews de personnalités de l’art contemporain présentes à Artparis. Ces entretiens seront réunis dans un DVD.

Ce film servira d’outil de communication à Artparis et pourra être commandé auprès de «OUVRETESYEUX ».

Ils seront interviewés et filmés en répondant à la question : « Qu’est ce qui vous a ouvert les yeux à l’art? » .En référence aux souvenirs de l’enfance qui a déclenché leur vocation pour les arts. Temps de l’entretien : 5 à 10 mn.Nos horaires de tournage - le 2 avril de 14h à 17h et les autres jours de la foire de 11h à 13h

 VIDEOBOX est une production de http://www.ouvretesyeux.fr/ Le site d’Anne Kerner dédié à l’art d’aujourd’hui en textes images et vidéos

Partenaires

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Le corps à l’honneur par Mapplethorpe et Gormley galerie Ropac à Paris du 07/05 au 07/06

avril 15, 2008 · Pas de commentaire

    

 

 

 

Que vois-tu à l’exposition ?

 

Une exposition évènement qui regroupe les splendides photographies de Robert Mapplethorpe et les premiers dessins d’Antony Gormley. La beauté des corps du photographe, le noir et blanc, ses images quasi iconiques, croisent la finesse de l’œuvre graphique de Gormley qui dépose des traces de corps sur des papiers qu’il fabrique parfois lui-même avec des chiffons, de la paille ou ce qu’il trouve sous la main ! « Les substances que j’utilise pour dessiner ne doivent pas aller de soi… Le noir de la fumée, la noir animal, la caséine, l’huile de lin, le lait, le sperme, le sang,… ont tous des propriétés différentes, provenant du corps ou de la terre, d’un organisme végétal ou animal. Leur réactivation ne les rend pas anodines ». Deux expositions superbes où le corps prend toute son importance et où le photographe comme le peintre en sont passionnés.

 

“Robert Mapplethorpe et Antony Gormley”, Galerie Thaddaeus Ropac, 7, rue Debelleyme, 75003 Paris. Tél. : 01 42 72 99 00. Du 7 mai au 7 juin.

Legendes : Lisa Lyon, 1982, courtesy Robert Mapplethorpe Foundation Used by permission

Gormley, Inside,  1989 

 

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Klee des songes. Les chefs d’oeuvres de la collection Djerassi à Vienne du 09/05 au 10/08

avril 14, 2008 · Pas de commentaire

 

Que dévoile le travail de l’artistes Paul Klee ?

Berne, 1910. 56 oeuvres s’étalent sur les murs du musée de la ville. Des peintures sur verres, chères aux images populaires suisses, le teint fauve et la veine cubiste. Une sublime légèreté en plus. Une bouffée d’air magique, de celles qu’on n’avait encore jamais respiré en Occident. Libératrice. C’est la première grande exposition personnelle de Paul Klee. Il a 31 ans. Il est alors un immense talent en quête de sa pente. Déjà, sa ligne discrète et silencieuse renie le spectaculaire comme les brouhahas futuristes et les fureurs expressionnistes. Echappant à l’a-pic de l’abstraction, aux grandeurs de Mondrian comme aux séductions de son ami Kandinsky - qui cette même année crée sa célèbre aquarelle abstraite - c’est autrement qu’il brisera la fenêtre du malheureux Alberti. En cherchant “au rebours des maniaques du contenant…, sous la peau des choses…, loin du volume, loin des centres…, un centre moins évident, mais qui davantage soit le maître du mécanisme, l’enchanteur caché” (H. Michaux).

Né en 1879 de parents musiciens, Klee hésite entre deux vocations. Expression de l’ineffable, la musique avait toutes les chances de le combler. Pourtant, à 19 ans, cet excellent violoniste quitte Berne pour Munich, la ville aux “cinq mille peintres”. En 1900, il s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts. De ses premiers amours, il gardera la souplesse et le mélodieux, l’enchantement. Fasciné par la botanique, il ne cesse d’étudier la nature. Elle est pour lui l’exemple par excellence, celle qu’il faut consulter, ausculter, pour se mettre en état de créer à son instar. D’où son intérêt pour l’aspect végétal de l’Art Nouveau. D’où également son goût pour le graphisme et ses innombrables dessins, alors aussi inquiétants que les figures de Blake ou Goya. Ce sont les rencontres de Kandinsky en 1911, puis celle de Delaunay à Paris en 1912, qui l’initient, le convertissent  à la couleur. Or, l’auteur “Du Spirituel dans l’art” ne tarit pas d’éloge sur l’Afrique du Nord. Il lui décrit les splendeurs des terres désertiques, le chatoiement de la médina, la beauté des coupoles de Kairouan. C’en est trop pour Klee. Tel Saint-Thomas, il veut voir pour y croire. Et le voilà parti pour la Tunisie, en compagnie des peintres Macke et Molliet. Douze jours de grâce. Douze jours d’avril 1914 qui le confirmeront, au-delà de toute espérance, dans sa soif de silence et de lumière, dans son sens quasi sacré de l’infini. “L’ambiance se pénètre avec tant de douceur que, sans plus y mettre de zèle, il se fait, en moi, de plus en plus d’assurance. La couleur et moi sommes un. Je suis peintre”, déclare-t-il, ébloui. A coup sûr, Klee est désormais en possession de tous les moyens qui vont concourir à l’unité de son oeuvre. Dès lors, l’architecture et les arts traditionnels, la céramique vernissée aux teintes chatoyantes, les poteries incisées et la géométrie des fabuleux tapis orientaux, offrent au peintre une source sans cesse renouvellée de formes et de couleurs. Les structures en damiers se multiplient, les bandes horizontales pullulent. L’artiste n’en finit plus de tout ramener à la surface plane du tableau. Plus encore, l’écriture arabe déclenche une prodigieuse et étourdissante invention de signes. D’un coup, les abréviations rapides de figures et d’objets se métamorphosent en pictogrammes nés d’une folle imagination. Les symboles de la lune, du soleil, d’arbres ou encore de plantes et ses fameuses croix, envahissent à jamais son oeuvre. Ici, le signe manifeste le “non-dévoilé” de l’Univers. Ici, il appartient à l’”écriture secrète” qu’évoquait Novalis.

Après la guerre, les charivari intellectuels qui explosent de toutes parts, s’arrachent notre peintre allemand comme un dieu vivant. Dès 1917, ses oeuvres figurent à la première exposition Dada à Zurich. En 1921, l’architecte Walter Gropius le nomme professeur au Bauhaus. Klee suivra l’école dans ses pérégrinations, à Weimar puis à Dessau, où il démissionne en 1931. Même Paris et les surréalistes sont séduits par son extraordinaire attitude esthétique : en 1929, René Crevel signe la première publication française consacrée à Klee. Paradoxe donc. Paradoxe de ce peintre “off”, marginal et tenant haut l’étendard du refus, sollicité par tous les courants frondeurs. Sa résistance aux modes est d’ailleurs d’autant plus remarquable que sa célébrité devient vite mondiale. Nul doute, sa révolution créatrice, à la fois poétique et philosophique, est bien tentante. Car elle regarde ailleurs, là où “l’art ne reproduit pas le visible…(mais) rend visible”, lui donnant la grâce de vivre “un peu plus près de la création qu’il est normal”.

En effet, Klee donne à voir une “réalité qui n’existe pas”, si ce n’est comme nécessité intérieure. Il sape sans complexe la notion anthropomorphique de l’art, et clame dans ses conférences que c’est la nature en l’artiste qui est le véritable créateur. On comprend qu’Hitler ait fait exposé 17 de ses oeuvres à l’exposition de l’Art Dégénéré en 1937 ! Cette “communion avec la nature” compris au sens de natura naturans, de genèse, de croissance, se traduit sous forme de lignes et de signes abstraits, de flèches qui orientent la lecture du tableau. Mais la métaphore se poursuit. Car le signe comme trace matricielle est à la peinture de Klee ce que le germe est à la plante naissante, à la fleur, au fruit. Cette métaphore en dit plus encore, révèle un désir plus ambitieux que livre Klee, lors de la Conférence d’Iéna en 1924 : “Il m’arrive parfois de rêver à une oeuvre de vaste envergure couvrant le domaine complet des éléments, de l’objet, du contenu et du style… Il faut qu’il croisse naturellement ce Grand Oeuvre, qu’il pousse, et s’il lui arrive un jour de parvenir à sa maturité, alors tant mieux. Nous en avons trouvé les parties mais pas encore l’ensemble. Il nous manque cette dernière force. Faute d’un peuple qui nous porte”.

Signes réels ou imaginaires, paysages, bestiaires féerique où l’humour se chamaille avec la drôlerie des histoires de l’enfance, partout, Klee jongle entre écriture et peinture, bouleverse leur espace commun pour en bâtir un nouveau. La subversion est d’autant plus forte, qu’il n’utilise que des formats réduits, des châssis de dimension modeste. Et bien sûr, des textures fines, des papiers précieux. La-dessus, une infinité de techniques : frottis, grattages, craies, colles… Pas de matières riches et généreuses. Ni vernis, ni empâtements. Au contraire. Une surface plâtreuse, opaque, comme malaxée sur le support. La couleur cependant est lumineuse, d’une douceur et d’un raffinement inégalable. Et, le pinceau à la main, il part à l’aventure, au hasard de la matière, sans idée précise de ce que sera l’image finale, inventant sans le savoir la future “oeuvre ouverte” dont parle Umberto Eco. Il passe d’une toile à l’autre, menant toujours de front une grande quantité de compositions. Klee invente ainsi sans le savoir, la future “oeuvre ouverte” dont parle Umberto Eco. Une fois celle-ci achevée vient ce qu’il appelle plaisamment la “séance de baptème”. Effectuée tous les mois, enfermé dans son atelier, Klee donne alors un nom aux oeuvres qu’il ne considère terminées que titrées. C’est le moment où il s’amuse des “Policiers en déroute”, s’évade dans un “Paysage de rêve aux conifères”, invente le “Monologue du petit chat”, pleure avec la “Fillette à la poupée”.   

En 1928, Klee fait un voyage en Egypte qui ne l’impressionne guère moins que son séjour tunisien. D’un point de vue spécifiquement humain cette fois, et dont il ne rendra picturalement compte que dix ans plus tard, en particulier dans la série des “Anges”. Professeur à l’Académie de Düsseldorf depuis 1931, il doit quitter l’Allemagne deux ans plus tard après la fouille de son domicile par les Sections d’Assaut nationales-socialistes. Il se réfugie à Berne où il a passé son enfance. Une période sombre débute. En 1935 il commence à souffrir d’une sclérodermie qui résistera à tous les traitements. La mort rôde, favorisant l’introspection et encourageant une recherche toujours plus méditative. Sa thématique devient plus angoissée. Les titres des oeuvres perdent leur poésie d’autrefois. Les signes noirs s’épaississent, durcissent, couvrent la toile comme le plomb d’un vitrail. Pourtant, jamais d’accents déchirants ou de crispations dramatiques. Trop discret pour cela. Il meurt en 1940, laissant derrière lui plus de 9000 oeuvres à propos desquelles Henri Michaux écrit : “Pour (y) entrer… il suffit d’être l’élu, d’avoir gardé soi-même la conscience de vivre dans un monde d’énigmes, auquel c’est en énigmes qu’il convient le mieux de répondre”. 

 

Albertina, Vienne, Du 9 mai au 10 août. Voir www.albertina.at

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Keith Haring, l’enfant “radieux” hante le musée d’art contemporain de Lyon du 22/02 au 29/06

avril 12, 2008 · Pas de commentaire

Quel est le travail de Keith ?

“L’artiste doit s’opposer à la déshumanisation de notre culture”. Une allure de rocker intello et de moine bouddhiste. Couché sur les trottoirs de Tokyo, debout devant les murs du métro de New York, accroupi devant le corps nu de Grace Jones. Avec la même application, la même maîtrise, la même foi, Keath Haring a dessiné, peint, gravé, reproduit à l’infini son “enfant radieux”, cet ange gardien fragile comme lui, et   porteur d’amour, sur tous les supports, toutes les surfaces. Partout. Jusqu’à saturation. Qui aujourd’hui n’a pas son béret, son tee-shirt ou son jouet “Keath Haring” avec son chien, son bébé à quatres pattes et ses soucoupes volantes ? Ses “icônes”, comme il disait, où Mickey côtoie une déesse indienne, un ordinateur un totem ancestral. Où tout se mêle et se mélange pour raconter notre histoire. Et qui ne s’est enivré de ses couleurs espiègles et rieuses, comme celles des bons dessins animés de notre enfance ? Pour rivaliser avec le petit écran et la pub,  ce fils de Warhol s’est battu sur leur propre terrain. Pour dénoncer la violence, l’argent, le sexe, le racisme. Dire l’horreur du sida qui devait l’emporter en 1990, à 32 ans seulement. Le Musée de Lyon présente la première grande rétrospective en France, tous supports confondus, toile, papier, métal, papier, crie, encre, feutre…du jeune américain qui aurait fêté ses 50 ans en 2008. Incontournable. 

“Keith Haring”, Musée d’art contemporain de Lyon, 81, quai Charles de Gaulle, 69006 Lyon. Tél. : 04 72 69 17 17. Du 22 février au 29 juin.  www.moca-lyon.org

Légendes : “Keith Harring and Madonna”, New York, 1989, Photography, courtesy Estate of Keith Haring, New York; “Untitled”, 1981, (peinture vinyle sur bâche vinyl), courtesy Estate of Keith Haring, New York; “Keith Haring”, photography, Estate of Keith Haring, New York; “Untitled”, 1982, (email et dayglo sur métal), Estate of Keith Haring, New York.

ATELIERS

Pour les 6-12 ans : le worshop des enfants les mercredi et samedi à 15h30. Visite en famille le dimanche à 15h30. Ateliers pour enfants pendants que les parents visitent l’exposition, les mercredi et samedi à 15h30. Visites-découvertes de l’exposition pour adultes, le mercredi à 15h30, les samedi et dimanche à 14h30, 15h30 et 16h30. Mon anniversaire au musée  à partir de 5 ans les mercredi et samedi sur réservation. Réservation au 04 72 69 17 19.

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Cao Fei au Plateau du 13/03 au 25/05. Du grand art numérique chinois.

avril 10, 2008 · Pas de commentaire

 

Qui est Cao Fei et que vois-tu à l’exposition ?

Elle vient d’être remarquée à la Biennale de Lyon, Venise et Istanbul ! C’est dire qu’à seulement 30 ans, Cao Fei, monte, monte, monte et apparaît déjà comme l’une des artistes chinoises les plus importantes de sa génération.

Le Plateau à Paris dévoile sa première exposition en France. Et l’on passe de découvertes en émerveillements, de l’histoire traditionnelle chinoise aux dernières nouveautés technologiques ! Car les installations incroyables de l’artiste entremêlent vidéos, textes, objets ordinaires et sculptures classiques. La jeune femme totalement influencée par la publicité, le cinéma, la télévision et les nouvelles technologies, intègre également dans son travail des bribes de culture de son pays venus tout droit de l’opéra, de la danse et du théâtre. Et nous voilà dans un univers totalement fictif. Une illusion totale. Avec des gens. Des vrais, des faux. Des sortes de Batman en costumes noirs, des fées d’une nouvelle ère, des combattants aux ailes d’or… ! Cette œuvre pluridisciplinaire extraordinaire cherche assurément le dialogue entre passé et avenir, dans une société en constante mutation. Courez-y !

 « Cao Fei », Le Plateau, Place Hannah-Arendt, Angle rue des Alouettes et rue Carducci, 75019 Paris. Tél. : 01 53 19 84 10. Du 13/03 au 25/05. Voir www.fracid-leplateau.com. et www.caofei.com

Les ateliers. Renseignements et inscriptions au 01 53 19 84 10.

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Les rendez-vous du dimanche en famille avec les 6-10 ans. Autour d’un goûter, des échanges se font autour d’une oeuvre. De 16h à 17h30. Gratuit. Les ateliers du mercredi de 14h30 à 16h. Gratuit. Avec “Ombres chinoises” du 19 mars au 16 avril : 5 séceances autour de Cao Fei : les enfants développent des petites formes en puisant dans les traditions chinoises. Photographiées puis filmées, les silhouettes prennent vie. Stages de pratique avec un artiste pendant les vacances scolaires, le 23 et 24 avril pour les 11/15 ans et le 29 et 30 avril pour les 6/10 ans. Avec l’artiste Lee Show-Chun, les enfants inventent un personnage fictif et installent sa maison dans la vitrine avec des objets trouvés ou détournés.

Courtesy de l’artiste et Vitamin Creative space.“Cao Fei”, Le Plateau, Place Hannah-Arendt, 75019 Paris. Tél. : 01 53 19 84 10. Du 13/03 au 25/05. Voir www.fracid-leplateau.com et www.caofei.com 

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Au VIA du 05/04 au 08/05. Du mobilier rien que pour les jeunes générations !

mars 6, 2008 · Pas de commentaire

  

La célèbre galerie VIA présente “MOBI junior”, plus de 50 pièces de mobilier pour enfant d’origines française et étrangère. A leur côté, des prototypes réalisés par des enfants d’écoles primaires. Designers et “Les Enfants Designers” se sont donc cotoyés et ont échangé leur conseils pour créer des meubles formidables. Une très bonne idée à soutenir !

“MOBI Junior”, Via, 29/33, rue Dausmesnil, 75012 Paris. Tél. : 01 46 28 11 11 . Du 5 avril au 18 mai.
Voir
www.via.fr

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Peter Knapp à la Maison européenne de la photographie du 16/01 au 30/03. Elégantissime!

mars 5, 2008 · Pas de commentaire

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premier polaroïd, 1962, courtesy Peter Knapp.

Qui est Peter Knapp ?

 

 

 

Peter est né en 1931 à Bäretswil, en Suisse.

Il fait ses premières photographies en 1945, à 14 ans.

En 1947, el entre dans une école d’art de Zürich où il reçoit une formation de graphiste.

En 1952, il part étudier à Paris à l’Ecole des Beaux(Arts.

Il entre très vite aux Galeries Lafayette  où il va bientôt assurer la direction artistique. A partir des années 60, il exerce également le métier de photographe, expérimentant toutes sortes de techniques inédites.

Il est l’un des premiers artistes à exposer des photographies en couleurs et de grande taille dans les galeries.

Il travaille pour les plus grands magazines comme Elle, Stern, Vogue, Sunday Times.

Il mettra en pages de nombreux livres d’art notamment pour le Centre Pompidou.

 

Que fait Peter Knapp ?

Ce Suisse pas comme les autres, surdoué pour le graphisme et la typographie va vite devenir la coqueluche des magazines féminins. Après la direction artistique des Galeries Lafayette, ce chercheur d’images travaille plus de 20 ans avec le magazine « Elle ». Il y fait travailler les plus grands comme Jeanloup Sieff et Sarah Moon tout en exerçant les activités de directeur artistique et de photographe. Sa fidélité à Courrège n’est autre que de 25 ans ! Bientôt il collabore également à Stern, Vogue et au Sunday Times et se lance dans le film et les court-métrages. Tu le verra partout dans cette formidable exposition : son  regard passionné l’est à chaque instant. 

 

 

“Peter Knapp, La passion de l’image”, Maison européenne de la photographie, 5/7, rue de Fourcy, 75004 Paris. Tél. : 01 44 78 75 00. Du 16 janvier au 30 mars.

www.mep-fr.org

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L’andalouse Pilar Albaracin à la Maison Rouge du 21/02 au 18/05

février 27, 2008 · Pas de commentaire

 

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Pour sa première grande exposition personnelle en France, l’artiste sévillane qui touche à tous les médias dont la performance, a choisi de présenter une grande installation « Techo de Offrendas ».

Cette œuvre, un « Toit d’offrandes », composée de plusieurs centaines de robes de flamenco suspendues, qui se déploie sur près de 50M2, dénonce la subordination identitaire des femmes, ici spécialement andalouses. Le visiteur est invité à circuler sous cette vaste couverture merveilleusement colorée et absolument baroque, écho d’une coutume en usage dans certaines églises espagnoles, ou lors de certains pèlerinages, où les femmes se dessaisissent de leurs robes en offrande à la Vierge pour qu’elle intercède auprès de Dieu. Ce travail dévoile une artiste aussi libre qu’insoumise. Presque révoltée. Son regard n’a rien de moralisateur. Au contraire. Sa vision se veut merveilleuse, surréelle et carrément par fois cocasse. Avec quelques touches de kitsch et de pop.

 “Pilar Albarracin”, La Maison Rouge, 10, bd de la Bastille, 75012 Paris.Courtesy Pilar Albarracin, détail de “toit d’offrandes”www.lamaisonrouge.org 

 

 

 

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